Le whisky est souvent considéré dans la culture populaire comme une boisson alcoolisée noble. Cette croyance n’est pas infondée, de par son prix mais aussi la richesse de ce produit, en termes de goûts et de la finesse de sa production. Le goût du whisky va dépendre principalement du mélange de céréales utilisés et du temps de vieillissement en fûts, modifiant certaines subtilités dont les connaisseurs se plaisent à comparer et à identifier. Mais pour les débutants, il n’est pas toujours simple d’habituer son palais, ni de savoir quel type de whisky acheter. Voici quelques conseils pour être sûr de choisir un whisky qui vous convient.

Choisir un whisky écossais en fonction des régions

Quand on pense au whisky, on pense à l’Écosse et effectivement, dans ce pays, les distilleries font profusion. Néanmoins, chaque zone a sa spécificité. Voici comment choisir votre whisky écossais, en fonction de vos goûts et de la région dont il provient.

  • Speyside

Le Speyside est une région au nord-est de l’Écosse, d’une très petite superficie. Pourtant, avec 48 distilleries sur ce territoire, on y produit la moitié de toute la production du pays, dont l’eau utilisée pour fabriquer les whiskys provient directement de la rivière Spey. Les whiskys du Speyside sont très riches en goût, fruités, avec une saveur ample, au malt et il est plutôt doux. Les grandes marques connues provenant du Speyside sont Glenfiddich, Glenlivet, Aberlour ou Macallan.

  • Highlands

La région écossaise des Highlands se situe sur la moitié nord du pays. Grâce à sa superficie, les distilleries sont très éloignées les unes des autres et produisent donc des variétés de whiskys très différentes. Dans le nord des Highlands, le whisky est un peu plus épicé, dans le sud un peu plus doux. Les marques connues sont Glen Ord, Knockdhu ou Lochnager.

  • Lowlands

La région des Lowlands est l’autre moitié du pays, au sud. En général, on conseille des whiskys provenant de cette région aux débutants. Le corps est plus léger, le goût de la tourbe est plus faible et une petite note de vanille se fait même ressentir. Certains les comparent aux whiskeys irlandais (avec « ey » lorsqu’on est en Irlande et aux États-Unis) mais qui auraient tout de même un peu plus de profondeur. Il n’y a que quatre distilleries dans cette vaste région : Glenkinchie, Bladnoch, Auchetoshan et Aisla Bay.

  • Islay

Islay, Campbeltown et Island sont toutes des zones insulaires. Cette petite île produit pourtant les plus grands scotchs single malt. Pour les amateurs de whiskys, ce qui se produit ici fait partie du top de leur sélection. Rien qu’à l’odeur, on sent la tourbe boisée. Ils ont une note salée et une note finale sèche. Il faut parfois être bien accroché pour ouvrir une bouteille de Laphroaig ou d’Ardbeg, mais il existe tout de même des whiskys moins forts et plus abordables avec le Kilchoman ou le Bunnahabhain.

Le whiskey américain et le bourbon

Si vous n’êtes pas tenté par les whiskys écossais ou que vous souhaitez essayer quelque chose de différent, tournez-vous vers les whiskeys américains. La plupart du temps, ceux-ci sont des bourbons, si au moins 51% de leur composition est faite de maïs, le reste étant un mélange de céréales, dont de l’orge malté.

  • Le whiskey

Néanmoins, il existe tout de même une production de whiskeys américains qui ne sont pas des bourbons. Ceux-ci utilisent donc des céréales plus proches de ceux utilisés traditionnellement et moins de la moitié de maïs. Ces whiskeys américains sont très surprenants car si le bourbon est assez sucré, les whiskeys sont eux très épicés. Si on prend les whiskys écossais comme référence, on pourrait dire que les whiskeys américains sont encore plus vrais que le vrai. Les amateurs de whiskys aiment explorer les whiskeys américains car ils sont assez surprenants, riches et ont quelque chose de pêchu.

  • Le bourbon

Le grand classique du whiskey américain est son bourbon, fabriqué avec du maïs. Là, vous sentirez la différence, même sans être un expert. Les bourbons sont plus jeunes que les whiskeys. Ils ne sont pas moins bons pour autant, simplement ils arrivent à maturité plus rapidement. Les bourbons sont sucrés ou doux, avec des notes de vanille et leurs saveurs sont abondantes. Si vous n’avez jamais bu de whisky de votre vie, le bourbon est ce qu’il y a de mieux, avant même d’essayer un scotch (whisky écossais). Cette boisson est beaucoup plus accessible et décomplexée.

Le whiskey irlandais

Sous peine de représailles, il faut absolument parler du whiskey irlandais, puisque l’Irlande se dispute l’origine du whisky avec l’Écosse depuis des siècles. Ces whiskeys plus accessibles sont mondialement connus, puisque tous les bars de la planète ont au moins une bouteille de Jameson à proposer. Un whiskey irlandais a plus de douceur en bouche, il est plus rond, plus sucré que le whisky écossais. Pendant tout un temps le whiskey irlandais était un peu considéré comme la version populaire (voire bas de gamme) du whisky. Ces dernières années, il reprend néanmoins ses lettres de noblesse et propose des bouteilles avec de plus en plus de caractère.

Whiskys provenant d’autres pays

Il existe des distilleries de whisky dans tous les pays, même les plus exotiques. En Inde, où la rigueur d’appellation est plus souple qu’en Écosse, les distilleries utilisent même de la mélasse, ce qui lui donne un goût plus proche du rhum.

Le Canada produit quelques bons whiskys, assez similaires au bourbon. Là aussi, il n’y a pas de termes contrôlés pour identifier les types de whisky, donc il existe une multitude de whiskys aux saveurs différentes. Comme aux États-Unis, ils produisent du rye, une variante du whisky à base de seigle. Par exemple, le Dillon’s Rye est très épicé, chaud et au goût de chêne.

Le Japon est un très grand producteur de whisky et sa popularité a grimpé ces dernières années. Ils ont basé leur méthode de fabrication sur la tradition écossaise, puis s’en sont détachés, en fabriquant des whiskys fruités et doux, comme le Hibiki 12.

Pour les plus patriotes, le whisky breton est fabriqué dans plusieurs distilleries du Finistère. Cet alcool aux origines celtiques ne pouvait pas être l’apanage de l’Irlande et de l’Écosse, sans que leur petite sœur, la Bretagne ne s’en mêle. Depuis 2015, les whiskys bretons bénéficient de l’appellation IGP (indication géographique protégée).