Voici un rituel un peu particulier que je souhaitais vous décrire. Il s’agit d’apprendre comment déguster un whisky. Il existe une technique qui est la même partout dans le monde qui permet d’évaluer un whisky et d’en révéler toutes les saveurs et subtilités. Grâce à un ensemble de mouvements chorégraphiés, vous allez vous donner toutes les chances de déguster au mieux votre whisky. Quant à votre palais et à votre nez, ils finiront par s’y faire et se développer d’eux-mêmes, à force d’expérience.

Choisir son verre

Les verres en forme de tulipe sont généralement utilisés pour la dégustation du whisky, alors que dans les bars vous verrez qu’on le sert souvent dans des verres larges et courts. Pour la dégustation on préfère un verre en tulipe car il n’est pas évasé et il garde au maximum les arômes, laissant juste s’égarer son parfum à hauteur du nez. On préférera même un verre avec un pied, car cela évite de réchauffer le whisky avec les doigts quand on le tient en mains. Attention, un verre en forme de tulipe ne veut pas dire qu’il doit être trop profond. Veuillez à ce qu’il ne soit pas trop allongé.

Verser le whisky

Le whisky se teste à une température ambiante d’une vingtaine de degrés. Versez le whisky dans le verre, mais attention, vous n’êtes pas là pour descendre la bouteille. Deux à quatre centilitres suffisent pour la dégustation. Faites de petits cercles avec le verre en le penchant très légèrement pour que le whisky visqueux s’accroche aux parois.

Faire ses premières observations

Vous pouvez déjà faire des premières constatations concernant la couleur ou l’odeur qui s’en dégagent. Pour la couleur, levez votre verre à hauteur des yeux. Cela vous permet de savoir dans quel type de fût le whisky a vieilli et quel est son âge. La plupart du temps, plus le whisky est sombre plus il est resté en fûts longtemps. Les whiskys peuvent être jaunâtres, dorés, ambrés, orangés ou de couleur pêche.

On peut aussi observer la consistance de l’alcool en faisant tourner le verre. Lorsque le whisky adhère au verre, il laisse des dégoulinures qui redescendent peu à peu, c’est ce qu’on appelle les jambes. En voyant la façon lente ou rapide qu’ont les jambes à redescendre, on en conclut l’épaisseur du whisky. En général, le whisky qui est rond, plaisant, doux a aussi une texture plus crémeuse, plus épaisse.

Cela peut paraître étrange mais un whisky se secoue. Agitez-le un peu et vous verrez des bulles apparaître. Observez le temps qu’elles prennent à disparaître. Plus les bulles sont lentes à se dissiper plus le whisky est alcoolisé.

Finalement, il est temps de sentir ce whisky. Approchez votre nez du verre. Respirez simplement les arômes qui s’échappent et laissez-vous emporter par la première odeur. La toute première odeur est normalement celle de l’alcool, puis elle se dissipe car votre nez s’y habitue. À ce moment-là, placez votre nez plus proche du verre et de son ouverture. Votre nez doit former un angle droit avec le verre et sentez à nouveau. D’autres arômes plus profonds devraient apparaître. Rapprochez le verre encore un petit peu plus, votre nez est très proche de l’ouverture et respirez une troisième fois. À présent, vous sentez les notes plus délicates et florales.

Déguster le whisky

Après avoir éveillé vos sens de la vue et de l’odorat, il est enfin temps de passer à l’étape que tout le monde attend, la dégustation. Commencez par prendre une toute petite gorgée en bouche. Quelle est la toute première sensation que vous ressentez ? En général, quand on est pas habitué à cette étape, ça brûle un peu. Gardez le liquide dans la bouche sans avaler et faites circuler le whisky sur la langue. Normalement, on garde le whisky une petite trentaine de secondes en tout, avant d’avaler. Toutes les saveurs boisés, épicées ou sucrées s’en échappent peu à peu. Le temps de persistance des arômes est tellement important qu’il a une mesure bien à lui. La caudalie équivaut à une seconde. Au-delà de 20 caudalies, on considère le whisky comme long en bouche.

Quand vous avalez enfin le breuvage, vous allez au début être déçu car cela peut brûler la gorge. C’est l’alcool qui fait cet effet. Mais justement, il est intéressant d’analyser cette sensation. C’est ce qu’on appelle la finale. Au moment où on avale le liquide, il se retrouve dans notre gorge, qui est un accès direct avec notre nez. Les effluves d’alcool et les arômes restants remontent dans notre nez, ce qui stimule l’odorat et le goût en même temps.

Cela peut vous paraître étonnant mais après la dégustation, il est aussi intéressant de sentir à nouveaux les arômes qui s’échappent du verre vide. Les whiskys jeunes dégagent peu d’arômes, mais les whiskys vieux laissent parfois des extraits secs, encore plus plaisants que la dégustation en elle-même.